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La lente érosion de la compassion

Vous aimez aider les autres ? Vous travaillez en relation d’aide, vous êtes peut-être proche aidant ? 

Vous avez choisi d’aider les autres, car vous voulez qu’ils soient plus heureux, qu’ils deviennent plus autonomes, qu’ils se sentent soutenus émotivement et psychologiquement ? 

Votre compassion, votre empathie et votre sensibilité vous amènent à vouloir soulager les autres de leurs souffrances ?

Cependant, cet engagement envers les autres, cette passion, ce désir d’aider peut vous conduire à vous surinvestir et à vous oublier. Ainsi, vous pourriez souffrir de cette forme d’épuisement spécifique aux personnes aidant les autres : l’usure de compassion.

L’usure de compassion est directement liée au désir profond d’aider les autres et à un engagement excessif dans ce désir. Le proche aidant, le conseiller, l’intervenant se sent complètement épuisé, vidé émotionnellement et physiquement, et peut développer à la fois un fort sentiment de responsabilité et d’impuissance. 

Quelles en sont les causes ? 

Elles peuvent de quatre types : personnelles, professionnelles, organisationnelles, et sociétales. Par exemple : l’incapacité de dire non, d’établir ses limites ; les attentes irréalistes sur le plan organisationnel, le manque de ressources, de reconnaissance. Sur le plan de la société : l’image et le rôle des intervenants, à qui on demande pratiquement d’aider les autres à « rentrer dans le système » et redevenir « fonctionnels ».

 À qui la faute ?

Il est facile d’affirmer qu’une personne souffre d’usure de compassion ou de toute autre forme de blessure psychologique parce qu’elle est fragile, vulnérable, et que c’est donc à elle de prendre des mesures pour se protéger.

En réalité, les responsabilités sont partagées. Nous ne pouvons pas tout faire, mais les autres ne peuvent pas tout faire pour nous.

Nous avons le pouvoir de changer des choses et d’amener les autres à le faire. 

Alors que faire ? 

On peut travailler sur soi-même, mais aussi exercer une influence positive sur les autres, sur notre milieu, ainsi que sur l’image que les autres se font de nos interventions.

Par exemple :

  • Surveiller les changements qui s’opèrent en soi et chez les autres (isolement, colère, sentiment exagéré de responsabilité)
  • Avoir des activités sans lien avec la relation d’aide ou simplement ne rien faire, sans se sentir coupable
  • Participer à l’instauration d’un climat de travail positif avec l’aide des collègues, du patron
  • Cultiver la reconnaissance autour de soi
  • Amener les personnes que l’on aide à mieux comprendre notre rôle et nos limites

Lorsque nous aimons passionnément aider les autres, nous sommes tous susceptibles de souffrir d’usure de compassion à un moment ou un autre de notre vie. Il faut donc apprendre à s’en protéger si nous voulons continuer à faire longtemps ce que nous aimons faire !

Proche aidante pendant 12 ans, j’ai souffert moi-même d’usure de compassion. Depuis plusieurs années, j’offre des formations et des conférences aux proches aidants, intervenants et bénévoles pour les sensibiliser à l’usure de compassion et les aider à trouver leurs propres moyens de protection. J’ai aussi écrit le livre Usure de compassion : jusqu’où aller sans se brûler ? qui contient des exercices, des réflexions, et 18 précieux témoignages.

Madeleine Fortier

Par mon travail et mes écrits, j’ai toujours voulu démontrer que notre destin nous appartient, que nous en sommes les maîtres. Cette volonté a été présente durant mes trente années comme conseillère en transition de carrière, et l’est encore dans toutes mes formations et conférences, autant lorsque je sensibilise des intervenants et des proches aidants à l’usure de compassion que lorsque j’accompagne des gestionnaires et des employés dans le développement de leurs talents et de leurs compétences. Dans mes écrits,[...]

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