L’inspiration derrière une histoire, idée spontanée ou réfléchie? - Myriam Délisle | Libraria

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Au moment où des auteurs décident d’écrire un livre, comment trouvent-ils leurs idées ? C’est une question qui peut traverser l’esprit des lecteurs après avoir refermé un roman particulièrement accrocheur. D’où vient donc toute cette inspiration ?

Je pense que la plupart du temps, les auteurs ne « prennent pas la décision » d’écrire un roman. Ils se sentent comme poussés à le faire. C’est un besoin presque viscéral. Un désir, une intuition, un sentiment profond envahissent tout leur être et ils savent qu’ils doivent coucher les mots sur papier… ou dans un fichier d’ordinateur !

S’ils rencontrent à l’occasion le syndrome de la page blanche, c’est peut-être parce que ce n’est tout simplement pas encore le bon moment pour se pencher sur leur projet d’écriture. Quand on aime écrire, ne pas trouver les mots pour formuler ce qu’on a en tête ou ne pas arriver à poursuivre le récit peut s’avérer assez frustrant. Ce blocage peut arriver à tout le monde. Cependant, après avoir pris un certain recul pour se ressourcer, se recentrer, se changer les idées, l’inspiration finira par revenir.

Lorsque ce « moment propice » se fait passionnément sentir, l’histoire prend aisément forme sous les doigts de ces écrivains créatifs. Parfois, elle s’écrit presque « toute seule », au gré des événements traversés par les personnages. Comme s’ils étaient réels et qu’ils orientaient le récit vers une direction qui n’était peut-être même pas prévue au départ ! On dit dans ces cas que l’inspiration vient en écrivant… Et c’est vrai. L’expérience également.

Certains auteurs font des plans très détaillés avant d’entamer l’écriture, prévoyant tout : dates, noms, lieux, chronologie des événements et conclusion. L’écriture devient alors l’enchaînement des choses jusqu’au résultat final. D’autres auteurs vont avoir une idée globale, mais se laisseront porter par le déroulement du récit, examinant les possibilités qui s’ouvrent à eux en cours d’écriture. Ils écrivent avec une sorte de détachement afin de laisser la place à toute éventualité. Mais attention, cette forme d’improvisation ne laisse pas sous-entendre que le romancier ne revient jamais sur son texte pour faire des modifications ni qu’il ne planifie absolument rien. Il risquerait de s’enliser dans un récit qui n’a aucun sens s’il ne garde pas un certain contrôle. Mais il va tout de même laisser plus de place aux éclairs qui vont frapper son esprit sans prévenir, acceptant de déroger de l’idée de départ pour explorer les nouveaux concepts qui se sont spontanément manifestés.

Évidemment, il peut arriver que les auteurs aient une manière de procéder qui englobe un peu ces deux pratiques. L’important, c’est qu’ils se relisent et qu’ils soient prédisposés à rafistoler l’histoire jusqu’à ce qu’elle soit parfaite à leurs yeux. Au bout du compte, chacun a son style, ses habitudes, ses méthodes et ses sujets de prédilection. C’est ce qui fait que chaque oeuvre littéraire est unique ! C’est ce qui fait que chaque écrivain a ses points forts et ses qualités propres.

L’inspiration pour une histoire est souvent insufflée par des expériences vécues, des souvenirs attendrissants, des anecdotes hilarantes de sa propre existence, voire même des traumatismes douloureux traversés par l’auteur. Il doit alors faire une introspection et de plus amples recherches pour parler d’un thème qui le touche personnellement. Sous sa plume, il cherche à léguer des connaissances et à sensibiliser les lecteurs tout en les distrayant. Et c’est également une façon d’extérioriser ce qui n’est peut-être pas toujours facile à verbaliser autrement qu’à travers un récit fictif.

Les idées pour concocter une histoire captivante viennent d’autres fois du besoin de communiquer, à travers la voix de personnages imaginaires, des valeurs que les auteurs ont envie de transmettre. D’autres fois, c’est tout simplement leur inventivité débordante qui se manifeste avec force et qui découle d’une passion pour un sujet en particulier. L’inspiration peut aussi surgir d’une conversation entendue, des paroles d’une chanson, d’une anecdote relatée par quelqu’un, d’un rêve, d’un endroit visité, d’une photo exceptionnelle, d’un fait divers dont ils ont eu connaissance…

L’imagination fertile innée est bien entendu un atout pour les romanciers en quête d’une histoire qui sort de l’ordinaire et qui entoure un thème rarement abordé. Mais elle n’est pas toujours nécessaire pour faire vivre des personnages lorsqu’ils sont inspirés de personnes réelles. Ou pour inventer une histoire lorsqu’elle est tirée de faits vécus. La clé lorsqu’on est inspirés à écrire, c’est de se respecter dans sa façon de s’exprimer, afin de demeurer soi-même… Qui sait combien de lecteurs en seront inspirés à leur tour ?

Un article de

Myriam Délisle

Depuis le début de son adolescence, Myriam s’évade dans ses histoires renversantes en imaginant la vie mouvementée de personnages inoubliables qui traversent souvent de grandes épreuves et de grandes transformations. Chacun de ses récits est unique en son genre et ils abordent tous des sujets différents aussi touchants qu’exceptionnels. Myriam a étudié en photographie, mais après la naissance[...]

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8 commentaires

  1. Je te reconnais très bien dans ton texte. Tu abordes une question tellement fréquente. Très bon texte, tes livres doivent être passionnants!

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    • Merci! C’est vrai qu’on se la fait souvent poser, cette question 🙂 Mes histoires sont toujours remplies d’intrigues et de surprises 😉 J’aime énormément inventer des scénarios!

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  2. Tu as raison Myriam et je pense comme toi. Il faut laisser le roman venir à soi et ne pas forcer un roman à s’écrire. Une idée globale vient, des idées globales viennent toujours. Pourquoi choisir l’une plus que l’autre ? La bonne idée se manifestera d’elle-même et là, il sera incontournable et viscéral de la développer.
    Cette comme pour la lecture. J’ai toujours lu, mais avec du recul je me suis demandé pourquoi, dans ma vie ai-je privilégié un auteur plus qu’un autre ? Je ne choisis pas mes auteurs, j’attends que les livres viennent vers moi et s’imposent dans et par un processus que je n’essaie même pas de comprendre. Tous les auteurs dont je raffole et qui sont devenus incontournables pour moi me sont venus sans aucune raison logique. Je pense que nous ne devons pas choisir nos lectures, mais laisser les livres venir à nous ; ils seront certainement faits…, pour nous ! Je suis imperméable aux critiques et aux blitz publicitaires. Je ne choisis jamais un best-seller parce que c’est un best-seller. Que ce soit un Prix Goncourt ou le roman d’un illustre inconnu, je le lirai si ce livre vient vers moi naturellement. Si je le lis, c’est parce que j’avais besoin de le lire.
    Tout comme si j’en écris un, c’est parce que j’avais besoin de l’écrire. Merci !

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