4 réflexions d’un auteur - Albert Bérubé | Libraria

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À travers les rebondissements que vivent les personnages de mes romans, j’aime laisser aux lecteurs.trices des pensées dont ils pourront se souvenir dans leur vraie vie. Par exemple, dans « Au carrefour des cœurs libres », on peut lire cette réflexion du personnage principal, Suzanne :


« Se déshabiller et faire l’amour est facile quand on prend le temps; laisser quelqu’un toucher son cœur, son âme, connaître ses peurs, partager son quotidien, son avenir, ses projets et ses rêves, voilà la vraie nudité et le véritable amour ».


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Au fil des jours, je note des pensées ou des actions mettant mes personnages en vedette. Ces notes précieuses se retrouveront un jour dans un roman. 


Elles pourront servir par exemple de brève description installant le décor d’une scène. C’est que je trouve plus saisissante la description d’un décor printanier au moment où je le vois, où je le vis, plutôt que pendant que je suis en rédaction intensive de roman en plein hiver…  Les feuilles naissantes au vert tendre de la végétation du printemps seront plus réelles…


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Quand je suis en période intensive d’écriture, je préfère écrire avec mon énergie du matin. Deux heures de rédaction et une couple de cafés plus tard, je m’arrête. J’ai quand même un quotidien, une vie à vivre. Et je laisse à ma tablette iPad quelques notes pour la suite du lendemain matin. Le jour, l’histoire continue à mijoter. Le soir, je me relis, et en me réveillant je suis prêt à poursuivre les tribulations de mes personnages.


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Un roman, c’est de la magie. En ce sens que l’auteur propose une histoire qui est en accéléré par rapport au quotidien. Comme pour un film, les lecteurs.trices n’auraient pas le temps de se taper les multiples 120 minutes du quotidien des personnages sur un long espace de temps comme s’il s’agissait d’une longue et pénible télé-réalité. 


Dans le monde physique réel, il faut un temps entre le désir d’un projet et sa manifestation. Dans le roman, on accélère les choses, on fait de la magie… pour éviter de rogner sur le précieux temps des gens qui aiment lire, qui ont tout compris de ce phénomène de magie, et qui jouent le jeu.


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Un article de

Albert Bérubé

Écrivain et journaliste, Albert Bérubé a notamment œuvré de 1985 à 2010 comme reporter et adjoint du chef de pupitre aux quotidiens La Tribune de Sherbrooke et La Voix de l’Est de Granby. Il a complété un Certificat en journalisme à l’Université Laval, et un Baccalauréat en études françaises et anglaises à l’Université York de Toronto. Homme de communications, il parle couramment espagnol. Co[...]

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2 commentaires

  1. Très intéressant comme réflexions! J’aime l’idée de décrire un décor en le voyant, pour utiliser cette description plus tard.

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  2. Vous avez exactement le même « beat » que moi. J’écris le matin aussi, de 7h à midi. Mais idées sont plus claires, mes rêves de la nuit m’ont très souvent inspiré des images et des sensations pour poursuivre. Car quand je suis en processus d’écriture, il est indéniable que tout mon être est monopolisé par ce à quoi je veux en venir, par où je vais avec ça et par comment y arriver.

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